PORTRAIT DE CRÉATEUR

Je crois que les marques qui perdurent et qui se font une place sont celles qui persévèrent. Créer son identité, se financer, gagner sa vie... Tout ça prend énormément de temps, mais ce n'est rien à l'échelle d'une vie, et ça vaut la peine d'y croire. Quand je vois à quel point ma marque a grandi en 1 an et demi, j'y crois dur comme fer !

Emanuelle - Créatrice de "Seshat Création"

Pour le lancement de son site, La Chouette Curieuse vous propose de découvrir le portrait d'Emanuelle, talentueuse créatrice que nous avons choisi pour les pochettes de nos KissKissBankers. Emanuelle a fait des études dans les ressources humaines, mais la passion l'emporte, et elle arrête tout pour lancer Seshat Création en décembre 2014. L'objectif de départ est simple : proposer des accessoires de mode à prix raisonnable, toujours fabriqués main, en France, et en série limitée. Emanuelle met l'accent sur le travail du textile, et créé des pochettes dans un style ethnique-chic. Elle  imagine  et  crée  tous  ses  modèles  dans  son atelier situé au Pays Basque, en accordant une grande importance à la qualité et aux finitions. Pochettes de soirée, pour tous les jours, ou encore  pour les grands évènements... Toujours fabriquées à la main, et avec amour ! Découvrez le parcours et la jolie philosophie de vie d'Emanuelle dans son portrait du mois. 

Vous trouverez Seshat Création sur FacebookInstagram et son site web!

Gamme de prix : €

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RENDEZ-VOUS SUR SON SITE !

 

Hello Emanuelle, avant toute chose, peux-tu te présenter ?

 

Bonjour ! Je m'appelle Emanuelle, j'ai 26 ans, et je suis la créatrice de Seshat Création, marque d'accessoires pour femme spécialisée dans la petite maroquinerie. Je vis et travaille au Pays Basque, où est installé mon atelier.

 

Quel est ton parcours dans les grandes lignes ?

 

Née à Toulouse, c'est cependant à Montpellier que je grandis et débute mes études. Intéressée par les langues et les cultures étrangères, j'obtiens une licence en Langues Étrangères Appliquées en 2011. Après un an passé en Espagne en free-lance, je reprends mes études en 2013, en commerce cette fois, à Marseille. Séjours et année d'étude à l'étranger, stages en entreprise, et spécialisation en Ressources Humaines, mon chemin semble tout tracé. Mais la passion l'emporte, et, forte de mes expériences, je décide de me mettre à mon compte avant même la fin de mes études. Véritable électron libre et passionnée par le DIY, la création et la mode, c'est tout naturellement que Seshat Création voit le jour... Arrivée au Pays Basque fin 2015, je trouve enfin mes repères dans cette belle région. C'est décidé, mon atelier prendra vie ici, à deux pas de l'océan.

Quel type de créations fabriques-tu ? Parles-nous de ton travail.

 

Mon travail se centre autour du textile, avec comme produit phare la pochette "dans tous ses états". Petites pochettes pour glisser dans son sac à main, grande pochette pour tous les jours, ou pochettes en bandoulière pour barouder en ville, je cherche à mettre à l'honneur cet accessoire de mode dans toutes les situations de la vie quotidienne. Je fabrique également des headbands, à plus petite échelle, afin de proposer à mes clientes un autre accessoire 100% fait main, un accessoire complémentaire, toujours à base de textile, et bien sûr assorti aux pochettes.

 

J'accorde une très grand importance à la qualité de mes produits. De ce fait, je réalise tous mes modèles moi-même, cela me permettant de mettre l'accent sur deux valeurs qui me sont chères : la qualité donc, mais également le "Made In France". Et bien que mes matières premières proviennent des quatre coins du monde, la partie créative, la confection, et tout le travail autour de la distribution produit est maîtrisée de A à Z depuis mon petit atelier situé au Pays Basque.

 

Es-tu créatrice indépendante à temps plein ou as-tu un job à côté ?

 

J'ai démarré mon activité en parallèle de mes études. Néanmoins, aujourd'hui, Seshat Création occupe tout mon temps. J'ai la chance de pouvoir me consacrer à 100% à mon activité de créatrice, et entre la création, la communication, la distribution, et les tâches administratives, les journées sont bien remplies !

Comment as-tu décidé de te lancer et de créer ta marque ? 

Issue d'une formation en langues étrangère et en commerce, je termine mes études en 2015. En parallèle, et ayant toujours aimé le DIY, les travaux manuels au sens large, la création mais aussi la mode, j'achète en décembre 2014 ma première machine à coudre avec pour objectif premier de me former à la couture. Je me prends vite au jeu et « de fil en aiguille », je décide de me lancer professionnellement parlant dans ce qui me passion vraiment : la création et l'entreprenariat. L'accessoire de mode s'impose alors de lui-même, et la pochette se dresse en produit phare. Seshat Création voit ainsi le jour avec deux grandes lignes de conduite : mettre en avant le fait-main et le Made in France, tout en proposant des articles de qualité, dans un style ethnique-chic dans l'air du temps.

 

Donne nous 3 mots pour définir ta marque.

Je dirais plutôt que ma marque suit trois grands principes :

- Qualité et finitions maîtrisées

- Style travaillé entre l'ethnique et le casual chic,

- Démarche engagée – handmade et made in France.

 

Où trouves-tu l’inspiration ?

Partout ! Bien sûr, j'essaye de coller aux grandes tendances, dictées par les grandes chaines, les podiums, les bloggers... Mais je trouve aussi mon inspiration dans la nature, qui selon moi dicte les couleurs à arborer par telle ou telle saison. La décoration est également une source d'inspiration. Enfin, mes produits me ressemblent, et je réalise avant tout des gammes qui me correspondent, avec des motifs et des assemblages de matières qui me séduisent personnellement.

 

Qu’est-ce qui te motive à créer au quotidien ?

Ma principale source de motivation réside dans l'essence même de mon travail : c'est le fait de créer soi-même un produit de toute pièce. Rien de plus motivant pour moi que de voir de nouveaux modèles se créer au rythme de mes envies. C'est un sentiment inégalable que celui de créer son activité de toute pièce, en partant de presque rien.

Ma seconde source de motivation réside dans les retours, les commentaires, les mots doux, le soutien de mes clientes et de mes proches. C'est ce soutien inégalable qui me permet d'avancer et d'innover.

Enfin, le fait de voir que mon activé se développe chaque jour un peu plus et que mon réseau s'étend me motive à continuer

Qu’est-ce qui te rend le plus fière dans ton travail ? Et au contraire, qu’est-ce qui te donne des doutes 

Ce qui me rend le plus fière, c'est d'avoir osé me lancer. Je suis une auto-didacte, et je suis fière de progresser chaque jour. Fière également de voir qu'en 1 an et demi la marque a déjà tellement grandi...

Bien sûr, on a toujours peur que la créativité s'étiole, que les gens se lassent d'un style malgré tout récurrent. Il y'a toujours des doutes quant à la conjoncture actuelle, quant à la concurrence...Est-ce que mes produits, mon travail, sauront se différencier dans un secteur concurrentiel quasi-saturé ? Comment me démarquer, comme faire évoluer ma marque, mes produits, tout en restant fidèle à sa ligne de conduite... ? Tous ces doutes me permettent de me surpasser, mais le métier de créateur indépendant n'est pas tous les jours évident.

 

Décris-nous ton atelier ou espace de création ? Plutôt fouilli ou bien rangé ?

Mon atelier est définitivement mon endroit préféré. Mon jardin secret où je laisse s'exprimer ma créativité. C'est ma petite bulle, mon lieu de travail mais aussi mon cocon. D'un coin de bureau dans ma chambre d'étudiante, mon atelier est aujourd'hui une grande pièce, où des mètres de tissus tentent tant bien que mal de trouver leur place. De nombreux plans de travail sont installés, et les pochettes sont exposées au mur, ou rangées sur des étagères.

J'essaye de respecter 4 grandes zones de travail : la partie rangement -où paniers et commodes abritent les tissus-, la partie couture -où les fils, les aiguilles et autres accessoires s'ordonnent autour de ma machine à coudre-, la partie découpe – ciseaux, cutter et autres tapis et mètres-, et enfin la partie bureau. Pour être honnête, je dirai que mon atelier est un bazar organisé...

As-tu des habitudes ou des petits rituels lorsque tu crées ?

 

Je travaille mieux l'après-midi et le soir... Ainsi, je consacre généralement mes mâtinés aux tâches administratives, et mes après-midi et soirées à la partie créative. Porte entre-ouverte, musique d'ambiance, et bouteille d'eau à portée de main, je laisse alors la machine à coudre exprimer son doux ron-ron... Le café est également l'un de mes meilleurs alliés...

 

Quels sont tes matériaux préférés ?

 

Je travaille avec toute sorte de tissus, des plus nobles au plus basiques, et des matières telles que le cuir ou le lin se mélangent et s'assemblent avec des jacquards tissés ou des toiles de coton imprimées. Le style de mes produits étant à mi chemin entre un style ethnique, et un style casual-chic,  les tissus à motifs ethniques ou imprimés animaliers se mélangeant à des daims, suédines ou lainage. C'est cette alliance de matériaux qui est chère à mon cœur.

Raconte un fait cocasse qui t’es arrivé pendant ton travail. (Exemple : faire tomber la boite de perle, se coller les doigts, etc…)

 

Oh rien de cocasse, mais mes mains ressemblent à un champs de bataille. Fer à repasser, aiguilles, cutter et autres colles ont eu raison de mes mains qui furent jadis soigneusement manucurées...

 

​As-tu une de tes créations qui te rend particulièrement fière ? Pourquoi ?

 

J'ai bien sûr dans mes collections des modèles chouchou, à l'instar de la pochette Malaysia dans la collection été, et de la pochette Eagle dans la collection hiver. Mais pour tout vous dire, je mets tellement de cœur dans chaque exemplaire crée, dans chaque modèle, qu'il est difficile d'en mettre un à l'honneur. Je pourrais vous raconter l'histoire de chaque exemplaire crée, je connais sur le bout des doigts tous mes produits, et presque la date à laquelle j'ai créé chaque exemplaire, les problèmes qu'il m'a causé... Rien n'est industrialisé, et c'est ce côté artisanal que j'aime tant dans mon métier. Même si ma production s'est aujourd'hui accélérée, dès que je vends une pochette, je vends le fruit d'heures de travail et de réflexion. C'est cet aspect de mon métier qui me rend fière.

 

Quel conseil aurais-tu aimé recevoir à tes débuts ? Y-a-t-il quelque chose que tu aurais aimé savoir avant de te lancer ?

 

J'aurais aimé qu'on me dise à quel point ça allait être dur et long. On nous parle souvent de grands créateurs d'entreprise qui, du jour au lendemain, ont fait fortune en lançant un produit, un concept, une marque incroyable. On nous parle de ceux qui ont commencé dans leur garage, et qui sont aujourd'hui à la tête d'une multinationale. Bien sûr c'est à une autre échelle, mais tout ça est faux. Un projet ne se construit pas d'un claquement de doigts. Ca prend du temps, et il faut vraiment avoir du soutien pour ne pas se décourager.

Ce sont des nuits blanches, de grandes claques, des échecs, ponctués de grandes réussites, de jolis contrats, de belles rencontres... Je crois que les marques qui perdurent et qui se font une place sont celles qui persévèrent. Créer son identité, se financer, gagner sa vie...tout ça prend énormément de temps. Mais ce n'est rien à l'échelle d'une vie, et ça vaut la peine d'y croire.

 

​Quels sont tes objectifs, rêves ou défis à relever ?  

 

J'ai pour objectif de faire grandir la marque. Cela passe par plus de partenariats avec des boutiques, par une production plus intense – mais jamais délocalisée -, par une diversification des produits peut-être...Mon rêve est d'un jour offrir des emplois, pouvoir avoir des postes, des stages à pourvoir... Quand je vois à quel point la marque a grandi en 1 an et demi, j'y crois dur comme fer !

 

Comment vois-tu ta vie de créatrice d’ici 10 ans ? 

J'espère pouvoir fédérer une réelle communauté autour de ma marque et de ses valeurs, et créer une entreprise autour de Seshat. Produire plus, tout en gardant cette même ligne de conduite : prôner le made in France, et le fait main. Je crois qu'il est possible de fonder une start-up ou une PME autour de ces valeurs. Je pense qu'on a beaucoup de gens qui ne demandent qu'à travailler en France, beaucoup de talents qui se cachent derrière des métiers plus « rationnels » ou des métiers « alimentaires ». Je veux pouvoir donner l'opportunité à ses gens de laisser exploser leur créativité. On a tous ses besoins, ses envies, et de mon côté, outre mon besoin d'accomplissement personnel, j'ai ce besoin de partager, et de faire évoluer mon projet grâce à des gens qui croient que l’artisanat et l'entrepreneuriat français ont un bel avenir.

 

Un dernier mot pour la fin ?

Je dirais qu'il faut toujours croire en ces rêves, qu'il faut persévérer, que la vie est belle et que l'inspiration et la motivation se cachent partout. Je dirais enfin qu'il faut vraiiiiment que je me remette au travail ;) ! Car règle numéro 1 : c'est celui qui se croit en avance qui finit toujours par être en retard....!

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